15/11/2018

Lumière !

Vues d’une fin de siècle – Collection Institut Lumière Lyon

Près de 300 films en ciné-concerts, dont 250 films inédits

Pour cette fin d’année, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, en partenariat avec l’Institut Lumière à Lyon, rend hommage aux toutes premières images filmées des opérateurs Lumière. Véritable témoignage de la fin du XIXème siècle, le cinématographe est l’aboutissement d’un siècle d’émulation scientifique et culturelle. Avec cette machine révolutionnaire, le temps à jamais suspendu peut se répéter et, enfin, se révéler. 

Le 28 décembre 1895, l’aventure cinématographique démarre avec la première projection publique payante des Frères Lumière au Grand Café à Paris. Le public est composé de curieux, de futurs cinéastes et des prochains entrepreneurs de cette industrie naissante : Charles et Emile Pathé, Georges Méliès ou encore Léon Gaumont et Alice Guy. 

Pour confectionner leurs cinématographes, les frères Lumière avaient connaissance du kinétoscope inventé par Thomas Edison. Néanmoins, son appareil permettait seulement des projections individuelles. L’objectif des deux lyonnais a été de proposer un même film pour un large public projeté sur un écran gigantesque. Les vues Lumière montrent ainsi le spectacle du quotidien où, au gré des situations, les spectateurs peuvent s’identifier (Repas de bébé, Partie de carte, etc.) Dominant la salle, le cinéma crée ainsi un moment de partage où se libèrent les émotions.

Offrant des vues inédites et des nouvelles sensations, les Lumière s’en allèrent chercher des images de la France et du bout du monde. Impensable auparavant, les français ont été témoins du couronnement du tsar Nicolas II de Russie.

Avant de partir saisir la nature sur le vif, des opérateurs ont été formés pour manipuler l’appareil de prise de vues. Ramenant des images dépaysantes, des reporters comme Alexandre Promio ou Gabriel Veyre ont entrepris les premiers mouvements de caméras. Bénéficiant d’un soin de mise en scène, la vue du canal de Venise de Promio peut être aujourd’hui appelé « un travelling ».

Devant cette variété de films réalisés entre 1895 et 1900, l’intérêt de revoir ses vues Lumière est multiple. A l’aube d’un siècle nouveau, elles divertissent, documentent et délivrent une certaine vision du monde car, comme le dit Jean Renoir : « Chez Lumière, ce n’est pas l’histoire qui est montrée, c’est la vie. ».

Rencontrer les premiers visages et découvrir le monde d’il y a 124 ans tel qu’il a été capté par les caméras des opérateurs Lumière, c’est le programme que propose la Fondation Jérome Seydoux-Pathé du 22 décembre 2018 au 08 janvier 2019.

Au programme : « La France de Lyon à Paris », « La famille, les enfants, les animaux… », « La France qui travaille », « La France qui voyage… jusqu’au bout du monde. », « Voyages et comédies », « Un monde nouveau… »

Deux séances spéciales se tiendront lors de l'ouverture du cycle, le samedi 22 décembre 2018 à 14h et 16h. Jérémy Cottin, membre de l'Institut Lumière à Lyon, présentera et commentera l'histoire de tous les films des deux programmes de l'après-midi.