8/11/2018

Les Films Eclair - "Un univers où tout peut arriver, sauf l'ennui"

Du 12 au 21 décembre 2018

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé propose un panorama des films Eclair, une société qui a occupé, au temps du muet, la troisième place dans l’industrie cinématographique française aux côtés de Pathé et Gaumont. 

Créée en 1907 par Ambroise-François Parnaland et Charles Jourjon, la Société française des films Eclair a cherché à concevoir « un univers où tout peut arriver, sauf l’ennui. ». Justiciers et anti-héros foisonnent donc à son catalogue, notamment sous l’impulsion du réalisateur Victorin Jasset qui transpose les héros popularisés par la presse au grand écran.

Grâce à Jasset, le détective américain Nick Carter, très connu des amateurs de dime novels et plus tard des comics, suscite l’engouement des spectateurs français quand il passe au cinéma. Puis, en 1910, lorsque le roi du crime, Zigomar, débarque dans les kiosques, Jasset frappe encore en s’appropriant le personnage. Le succès est immédiat (Zigomar, peau d’anguille, 1913). Le duel est inévitable, les deux figures emblématiques de la firme à l’éclair finissent par s’affronter et partagent leurs noms en haut d’une même affiche : Zigomar contre Nick Carter (1912).

Ce procédé dit aujourd’hui du « crossover » est aussi utilisé par Eclair pour ses héros comiques.  La rencontre de Lucien Bataille et Sarah Duhamel dans Casimir, Pétronille et l’entente cordiale (1914) en est une excellente illustration. 

Eclair crée également l’Association Cinématographique des Auteurs Dramatiques (ACAD) afin d’adapter sur écran les grandes œuvres de la littérature. Eugénie Grandet (1910) d’Honoré de Balzac, suit au cinéma les principes naturalistes établis par André Antoine (souci de réalisme, réflexion sur la perspective dans l’image avec la présence de deux actions à l’avant et à l’arrière-plan…). Avec Au pays des ténèbres (1911), Victorin Jasset transposera Germinal d’Emile Zola.

De nombreux jeunes talents de l’époque s’essayent aussi à la réalisation chez Eclair comme Maurice Tourneur ou Charles Krauss à qui l’on attribue la réalisation du Corso Rouge (1913). Après la Grande Guerre, Eclair obtient en 1919 la possibilité de représenter au cinéma les péripéties de Mathias Sandorf. Henri Fescourt est en charge de la réalisation de ce film à épisodes au studio de la Victorine à Nice. Puis, utilisant les nouvelles méthodes de l’éducation moderne, Eclair produit des films de vulgarisation scientifique pour accompagner les enseignements scolaires (La Puce, Les Plantes Carnivores, L’Amblystome…).

Autant de pépites que les spectateurs de la Fondation sont invités à découvrir du 12 au 21 décembre 2018. 

 

Remerciements particuliers à Marc Sandberg. Ainsi qu'aux Archives françaises du film du CNC, à la Cinémathèque française, au British Filminstitut et au Eye Filmmuseum. 

Toutes les séances sont accompagnées au piano par les élèves de la classe d'improvisation de Jean-François Zygel (Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris).