1/02/2018

Festival Toute la mémoire du monde de la Cinémathèque Française

Londres au temps du cinéma muet

du 7 au 11 mars 2018

 

Londres est l'une des grandes capitales du cinéma, une métropole vaste et diverse de par son architecture, sa population, sa géographie et sa culture. Depuis les tous premiers jours du cinéma, elle fascina les cinéastes, qui prolongèrent une tradition bien établie, selon laquelle quantité d'artistes et d'auteurs à travers les siècles cherchèrent à croquer l'essence de la ville et de ses résidents.

 

Pendant les années 1890, la communauté cinématographique britannique travailla de manière acharnée à perfectionner son sens de l'image animée en réalisant des films destinés à être diffusés, soit dans des Kinétoscopes, soit lors de projections publiques, mais un nombre important des meilleurs films tournés à Londres pendant ces années pionnières fut en réalité l'œuvre de cinéastes français. Ainsi, lorsque les frères Lumière envoyèrent leurs opérateurs à travers le monde, Londres devint rapidement une ville clef de leur entreprise, comme décor et comme lieu d'exploitation. Depuis lors, les cinéastes continuèrent à vouloir représenter la vie des Londoniens dans cet espace physique extraordinaire, situé au cœur d'un vaste empire, qui, en tant que décor de fiction, offre également une scène depuis laquelle étudier l’influence d’un environnement urbain aussi complexe sur le quotidien de ses habitants. Les rues de Londres sont le lieu de quantité de drames, nourris par un puissant contraste entre quartiers Est et quartiers Ouest, par l'apparition de populations d'origines diverses et la naissance de nouvelles attitudes progressistes.

 

Cette programmation de films muets britanniques ayant Londres pour décor est constituée de court métrages, des débuts jusque dans les années 1920, comme de long métrages réalisés par deux cinéastes parmi les plus célèbres du pays : Alfred Hitchcock et Anthony Asquith, natifs, tous deux, de la capitale britannique.

                                                                   

Le premier programme de courts métrages, Wonderful London, montre des films de voyage des années 1920, adaptés ou inspirés de magazines illustrés, présentés en copies restaurées. Le second programme de courts métrages, Londres à la Belle Époque, est une programmation conçue autour des illustrations de Gustave Doré, déjà montrée avec succès à Londres.

 

On trouve également dans cette programmation un thriller (Blackmail), une représentation du monde du cinéma (Shooting Stars), un portrait des espoirs de la classe ouvrière londonienne (Underground) et l'histoire d’une princesse à la dérive dans une capitale maléfique (Runaway Princess). On y découvre également une image de l'avenir des grandes villes tel qu'il apparaissait en 1929 à Maurice Elvey, dont le film High Treason préfigure tout à la fois le tunnel sous la Manche, une sorte de Skype des années 1920 et un attentat à la bombe contre les gratte-ciels de New York. E. A. Dupont offre un point de vue extérieur sur des questions de sexe et d'origine ethnique dans Piccadilly avec l'exquise Anna May Wong. Le Londres du cinéma est une ville en évolution constante, réaliste et mythifiée, où une quantité infinie de possibilités et un nombre inépuisable de rêves brisés demeurent d'une fascination constante et indéniable.

 

Bryony Dixon
Conservatrice d'archives nationales au British Film Institute - Responsable des collections de films muets.

 

Pour consulter toute la programmation de la 6ème édition du Festival International du film restauré de la Cinémathèque française "Toute la mémoire du monde", cliquer ici !

Lien vers la bande annonce.