3/04/2019

Couture, Haute Couture et Cinéma muet

Du 1er au 21 mai

 

La Fondation Jérôme Seydoux Pathé organise son défilé printemps-été avec une collection de films qui mettra en valeur les liens précoces qui ont existé entre les grands noms de la mode et les stars du 7ème art.

Le vêtement est conçu comme un moyen d’expression qui, au-delà du caractère esthétique, fournit des indices historiques, sociologiques et psychologiques sur les personnages. Au théâtre déjà, les vedettes montaient sur scène habillées par de grands couturiers. Il était logique que cette collaboration s’élargisse au cinéma. Dès les années 1920, en France et aux États-Unis, les stars du muet portent à l’écran des créations uniques : Jeanne Lanvin habille Carmen (1925), Paul Poiret est présent dans L’Autre Aile (1923) et Howard Greer fait les costumes de The Spanish Dancer (1923) …

Howard Greer intègrera le département des costumes de la société de production Famous Players-Lasky Corporation. Il y sera rejoint par Edith Head et Travis Banton qui, en 1927, habilleront la sulfureuse actrice Clara Bow dans la fresque historique Wings de William Wellman et dans la comédie romantique It de Clarence Badger. Ce dernier long métrage signe l’acte de naissance de la « It Girl » (celle qui attire les regards et qui inspire).

Outre la fiction, la mode envahit les actualités cinématographiques. Les collections touchent ainsi un large public et les créations sont mises en scène dans des environnements variés (salon du couturier, pistes de défilé, jardin d’un château...). Nicole Groult, la cadette de la famille Poiret, colorisera même ses créations pour en être au plus proche. Grâce aux actualités, les grandes maisons de l’époque comme Worth ouvriront leurs portes à la caméra pour présenter leur patrimoine. Le couturier Charles Frederick Worth sera d’ailleurs à l’origine du concept de « Haute Couture », soit l’offre d’une collection selon l’inspiration du créateur et non en raison d’une commande émise.

Et parce que certaines extravagances de la mode prêtent aussi à sourire, les comiques Max Linder, Toto et Patouillard en feront un thème du cinéma comique.

Au programme sur le podium : Max Rée et André-Ani habille Greta Garbo (The Torrent, 1926), Ethel Chaffin habille Zasu Pitts et Joan Crawford (Pretty Ladies, 1925), Howard Greer habille Pola Negri (The Spanish Dancer, 1923), Musidora (Mademoiselle Chiffon d’André Hugon, 1919), Yvonne Printemps (L’Arpète de Donatien, 1929) et Dita Parlo (Au Bonheur des Dames, 1930) incarnent les petites mains dans les ateliers ou les grands magasins ainsi que les programmes : « Les comiques bousculent la mode » et « Artisanat et industrie : les dessous de la création »