12/09/2018

Le cinéma d'animation

 

D’Émile Cohl à Walt Disney

 Du 17 octobre au 3 novembre 2018

 

Le cinéma d’animation n’a pas surgi ex-nihilo des studios Walt Disney. Sans un certain nombre de précurseurs, Disney ou Pixar n’auraient sans doute pas l’importance qu’ils ont acquis aujourd’hui. Pour les vacances de la Toussaint, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé a souhaité donner un coup de projecteur sur ces précurseurs du cinéma d’animation. A commencer par les deux grandes figures de références du genre naissant, le français Émile Cohl – à qui la programmation rend hommage –, et l’américain, Winsor McCay.

Émile Cohl a ouvert la voie en 1908 avec Fantasmagorie. Des lignes à la craie sur une surface noire donnent vie à un bonhomme qui se déforme et se recompose à l’infini. Le public adhère immédiatement à ce pouvoir de métamorphose de l’image animée et Les Fantaisies d’Agenor Maltracé (1911) sont un authentique succès. Comprenant les pouvoirs de l’image animée, Cohl effectuera une percée vers la comédie satirique - Le Peintre néo-impressionniste (1910) - où il tourne en dérision le « bon goût » des amateurs d’arts modernes.

Issu du monde de l’illustration et de la bande dessinée - « comics » en anglais –, Winsor McCay s’inspire librement d’Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll, des Voyages de Gulliver de Jonathan Swift et des écrits de Freud sur l’interprétation des rêves pour bâtir le monde fabuleux de Little Nemo (1911). Winsor McCay déploie aussi toute la puissance de l’imaginaire magique et poétique dans Gertie, le dinosaure (1914).

Dans le sillage de ces deux inventeurs, Marius O’Galop réalise des fresques de l’absurde, peuplées d’êtres étranges et surréalistes – comme Touchatout ami des bêtes (1919) ou une version des Fables de la Fontaine (1920) – que la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé a choisi de mettre en parallèle avec les œuvres de Ladislas Starewitch. La dimension féerique de l’image animée sera également exploitée avec succès par la cinéaste allemande Lotte Reiniger dont les silhouettes illustrent diverses légendes populaires et les intrigues des plus grands opéras (Arlequin, 1931).

En 1921, Robert Lortac transpose la caricature de presse dans le monde de l’animation.  Son programme Canard en ciné dépeint, avec dérision, une critique du quotidien des Français et de l’actualité nationale. Il réalise également des films dits hygiénistes (La Tuberculose menace tout le monde, 1918) et des milliers d’enfants découvrent alors le cinéma d’animation à travers ces films de prévention sanitaire.

Dans ce cycle, les spectateurs de la Fondation découvriront aussi l’apparition au cinéma de héros populaires, tirés de contes pour enfants tel que Peter Pan dans Au Royaume de l’air (1925), Tom Pouce dans Le Mariage de Tom Pouce (1925), la jeune Alice dans des histoires rocambolesques des Alice Comedie’s (1920 – 1926) ou encore des personnages créés pour le cinéma comme Koko le clown ou Félix le chat…