14/03/2019

Les origines populaires du cinéma d'avant-garde

Du 9 au 30 avril 2019

 

En collaboration avec le Centre Pompidou, la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé propose un cycle consacré au cinéma des premiers temps et à ses liens avec les avant-gardes artistiques. À l’aube des années 1920, une nouvelle génération d’artistes, née avec le cinématographe, fréquente assidûment les salles obscures et s’enthousiasme pour ses figures de calicot. Le cinéma stimule leur imaginaire et nourrit leur pratique artistique. André Breton avoue n’avoir rien connu « de plus magnétisant », Robert Desnos considère le cinéma comme un « stupéfiant » puissant, quand Antonin Artaud y voit « un excitant redoutable ».

Au sortir de la Grande Guerre, ces artistes, qu’ils soient poètes, peintres ou compositeurs, s’emparent du médium cinématographique pour en faire un nouveau territoire d’expérimentations. Portés par l’esprit des avant-gardes, la vitesse et les mouvements mécaniques de la vie moderne se reflètent dans les opérations et les techniques mobilisées par le film : montage, surimpression, arrêt sur image, accéléré, ralenti… Bouleversant les codes de la représentation, ces films sont pleins de réminiscences des scènes à trucs qui animent le cinéma des premiers temps (« La grande parade », « La fabrique du rêve », « Danses macabres »). Les films comiques, où s’enchaînent courses-poursuites et destructions se retrouvent dans des films comme Entr’acte (René Clair, 1924) ou dans le chaos visuel et l’incohérence narrative de Retour à la raison (Man Ray, 1923). Les films scientifiques avec leurs nombreux gros plans révélant un monde jusqu’alors invisible, inspirent l’œil moderne de leur imaginaire organique (« Cinéma liquide », « Métamorphose »). Comme leurs contemporains, les artistes d’avant-garde ont aussi été fascinés par les sérials dont Les Vampires de Louis Feuillade (1915) représentent l’archétype.

Si l’émergence d’une avant-garde cinématographique naît de cette rencontre enthousiaste avec le cinématographe du début du 20e siècle, nombreux seront les artistes et cinéastes à poursuivre cette quête visant à repenser la représentation et ses enjeux par le prisme de l’image en mouvement. Mettant à l’honneur les pionniers de l’expérimentation, cette programmation s’ouvre délibérément aux productions de la seconde moitié du vingtième siècle marqué, dans un premier temps, par l’apparition d’une seconde avant-garde cinématographique sur le sol américain (Maya Deren, Harry Smith, Stan Brakhage …), puis par un regain d’intérêt pour le cinéma des origines auprès d’une génération de cinéastes à la fin des années 1960 (Ernie Gehr, Ken Jacobs).

Ayant façonné l’imaginaire populaire, ces artistes s’inspirent de cet héritage tout en cherchant à rompre avec ses codes. C’est cette frontière poreuse entre le cinéma d’avant-garde et ses inspirations, élaboré par la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé et le Centre Pompidou, met en lumière.

Au programme : Le Manteau (1926) de Grégori Kozintsev et Leonid Trauberg, Uomo Meccanico (1921) d’André Deed, Pinocchio de Giulio Antamoro (1912, Paris qui dort (1924) et Entr’acte (1924) de René Clair récemment restaurés par la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé. Programmes : « La fabrique du rêve », « Ville moderne », « Machines désirantes », « La grande parade », « Métamorphoses »« Danse macabre »« Flaming creatures »  …

La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé tient à remercier particulièrement Philippe Alain-Michaud, conservateur des collections cinémas au Centre Pompidou et Jonathan Pouthier, attaché de conservation au Centre Pompidou ainsi que Charlotte Servel, spécialiste du cinéma burlesque et Patrick de Haas, spécialiste du cinéma d’avant-garde, pour leur collaboration dans l’élaboration de ce cycle.

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Offre spéciale valable pour toutes les séances du cycle (du 9 au 30 avril 2019) :

Détenteurs de la carte POP' du Centre Pompidou - tarif réduit : 4€